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    Fermeture

    Juste pour dire que ce blog est officiellement fermé. Les opinions qui y sont exprimées ne reflètent donc plus nécessairement celles que j'ai aujourd'hui. Aucun nouveau commentaire n'y sera ajouté.

    Veuillez utiliser ce lien pour vous rediriger vers mon blog actuel. Merci.

    Conclusion

    Bon je pense que j'ai pas mal tout dit. Mon blogue est complet. Vous pouvez le lire si vous voulez, mais je vous avertis, ce n'est pas un blogue où je parle de ma vie, genre «Ah en me levant j'ai mangé deux toasts...», ni de mes états d'âmes, mettons «Ah je me demande si Rogère voudrait sortir avec moi...». Il s'agit d'un blogue sur lequel j'ai écrit mes opinions personnelles sur plusieurs sujets que je trouve relativement important. J'ai surtout fait le tour des sujets qui reviennent souvent sur les forums de discussion où je vais. Je prévois ne plus rien ajouter sur ce blogue, alors tout y est.

    En me relisant, je pense que la règle générale de ma pensée est « Rien n'est sacré, rien n'est tabou. » En d'autres mots, on peut tout remettre en question et utiliser la raison dans tous les domaines.

    Prenez note que le premier sujet sur ce blog (donc le dernier en bas) s'intitule «les croyants». Donc si ce n'est pas le dernier en bas de cette page, c'est parce qu'il y a une deuxième page. Ne la manquez pas! Je vous recommande de ne pas essayer de tout lire en ordre, mais de plutôt commencer par lire les titres de mes «articles», puis de lire les articles qui vous intéressent.

    J'attends maintenant vos commentaires pour ceux qui en auraient. Je vais vous répondre directement sur ce blogue donc ça pourrait même faire comme un mini forum de discussion.
     
    Bonne lecture!
     
    P.S. - N'oubliez pas de lire les commentaires des autres visiteurs, ainsi que mes réponses à leurs commentaires.

    Langue internationale

    J'ai écris précédemment sur ce blogue un article donnant mon opinion sur la langue écrite. J'y disais que, pour moi, la langue écrite devait être parfaitement moulée sur l'oral. Cela implique, nécessairement, que l'on emploie une langue écrite différente d'une région à l'autre car le dialecte québécois est bien différent du parisien.

    Si cette régionalisation de l'écrit réduit nécessairement la portée d'une langue, comment les différents peuples de la francophonie pourront-ils communiquer entre eux? me demandera-t-on. Eh bien, de la même façon qu'ils communiquent avec des peuples non-francophones : en utilisant une autre langue comme véhicule.

    L'anglais?

    Bien sûr que non. Je ne me vois pas utiliser l'anglais pour parler avec un Français de France. Déjà que je désapprouve sa position en tant que langue internationale.

    En effet, cette langue est pratiquement aussi compliquée que le français. Comme dans notre langue, il y a des lettres ou des séquences de lettres qui font un son différent selon le contexte. Par exemple, le « ght » qui se prononce parfois [f], tantôt [t] ou alors il est muet. Même chose avec les voyelles qui ont chacune un large éventail de prononciations possibles.

    Par ailleurs, même si l'anglais était la langue la plus simple du monde, il ne devrait pas être la langue internationale. Comme c'est la langue vernaculaire de plusieurs peuples, l'utiliser comme langue commune symbolise un clivage entre les anglophones et le reste du monde. En plus, vu que c'est une langue vivante, elle comporte plusieurs variantes régionales et est sujette à une évolution constante. La langue commune de l'humanité doit être fixe et homogène.

    Une langue artificielle?

    Je pense que la solution est d'instaurer une langue artificielle (c'est-à-dire, inventé de toute pièce et non pas le fruit de siècles d'usage) comme langue internationale officielle. Comme l'espéranto par exemple. Voici les avantages d'une telle solution :

    • Ce serait une langue culturellement neutre, donc son usage dans les contextes internationaux démontrerait l'égalité entre tous les peuples,
    • Ce serait une langue qui ne serait pas utilisée à l'oral dans la vie de tous les jours donc elle ne serait pas sujette aux changements,
    • Ce serait une langue conçue pour être facile à apprendre (il n'y aura aucune règle d'exception, les verbes seront tous réguliers, on évitera les homophones, on minimisera les flexions, les mots aux sens rapprochés auront une sonorité rapprochée, etc.) donc on ne pénaliserait pas ceux qui ont de la difficulté à maîtriser de nouveaux langages.

    Conclusion

    Donc pour faire le lien avec mon autre sujet sur la langue, je pense que chaque population devrait avoir sa propre langue vernaculaire dans laquelle l'écrit suivrait l'oral dans son évolution, en plus d'avoir une langue véhiculaire commune avec le reste de la Terre qui serait une langue artificielle obéissant à une grammaire très stricte mais très facile à apprendre.

    Sécession et nationalismes

    Je suis pour le fait que le Québec se sépare du Canada et devienne un pays souverain. Je n'ai pourtant aucune conviction nationaliste.

    Prélude anti-nationaliste

    Pour moi le nationalisme n'est qu'un outil du gouvernement pour manipuler le peuple et créer l'illusion d'unité et de cohésion dans un groupe d'individus qui ne se connaissent pas. Sérieux, combien de gens je connais au Québec? Mettons que je connais 300 personnes, sur le 6 000 000 de Québecois ça fait quoi? 0,0005%? Donc 99,9995% de la population me sont totalement inconnus et on veut me faire croire que ce sont « mes frères » simplement parce qu'ils aiment le hockey et mangent de la tourtière? Non mais, prenez-moi pas pour un cave quand même…

    Sécession fonctionnelle

    Je pense que le gouvernement est un outil au service du peuple. Donc s'il ne nous sert pas bien, on est en droit de le congédier; comme on change de banque ou d'épicerie quand on considère qu'on y a du mauvais service. Le gouvernement fédéral nous coûte cher et nous apporte peu. Transférer ses rares juridictions vers le provincial et congédier le fédéral serait donc avantageux. Nous ne serions plus obligés de financer des postes sans fonction comme les gouverneures générales (retraité ou en poste), les lieutenants gouverneurs et les sénateurs.

    Sera-t-on souverain pour autant? Non. Le Québec sera souverain. L'individu demeurera assujetti à un État mais ce sera un gouvernement plus léger (donc moins coûteux) servant une population moins grande et moins dispersée. Donc je pense qu'il est à l'avantage de tous les habitants du Québec (sauf peut-être les fonctionnaires fédéraux, les sénateurs, etc.) de voter pour la séparation.

    Sur le plan international, ce serait également quelque chose de bénéfique pour l'individu. Comme chaque pays n'a qu'une voix aux Nations-Unies, diviser le Canada en deux donnerait une voix de plus dans les domaines où les citoyens canadiens sont actuellement d'accord (environnement, pacifisme, etc.) et permettrait d'être plus représentatif de la volonté du peuple dans les domaines où le Québec n'est pas d'accord avec la voix officielle du Canada. Idéalement, le Canada devrait décentraliser progressivement son pouvoir et passer de fédération à confédération pour devenir comme l'Union Européenne. Cela lui donnerait plus de voix à l'ONU (une par pays, comme pour l'Europe).

    En plus, la sécession serait la naissance d'un nouveau pays à l'époque moderne. Donc finit les lois passéistes. On pourra se doter d'une constitution reflétant les valeurs modernes (égalité des individus, liberté sexuelle, etc.). Et les traités contraignants ou abusifs que le Canada a contracté par le passé ne s'appliqueraient plus à nous.

    Conclusion anti-nationaliste

    Les arguments nationalistes et émotifs, qu'ils soient séparatistes (nationalisme québécois) ou fédéralistes (nationalisme canadien) n'ont aucune valeur rationnelle et tout être doué de raison ne devrait pas leur accorder la moindre attention.  Vous allez rester qui vous êtes si on se sépare, et les rocheuses ne changeront pas de place. On peut être attaché à son pays (c'est-à-dire, à la terre où l'on a vécu… donc moins de 0,01% du Québec sauf si t'as déménagé souvent) mais sentir que notre identité dépend de notre assujettissement à un gouvernement particulier indépendamment de comment il agit avec nous, c'est du pure conservatisme et une dépendance psychologique malsaine (comme une femme battue qui se laisse faire par amour pour son conjoint).

    Entreprises

    Je considère qu'il y a une lacune dans la structure même des compagnies. Le problème est systémique puisqu'en suivant sa vocation naturelle (la quête du profit) une compagnie entrera nécessairement dans une relation conflictuelle avec d'autres instances dont :
     
            ses clients
            ses employés
            ses fournisseurs
     
    Contre ces trois entités, elle essaiera d'en obtenir le plus possible d'eux en leur donnant le moins possible, et ils feront de même avec elle. Cette forme de marchandage est malsaine pour les deux parties puisque le fruit du travail se dégrade à mesure que la relation progresse. Imaginons une compagnie comportant deux personnes : un commis payé au salaire minimum et un propriétaire qui n'a jamais besoin de mettre les pieds dans son commerce. Un fort achalandage de clients est quelque chose de positif pour le propriétaire (ça augmente ses profits sans lui demander plus d'effort) et de négatif pour le commis (ça augmente sa charge de travail sans augmenter son salaire). L'intérêt des parties est clairement antagoniste. Cela nuira à l'entreprise puisque le commis fera tout ce qu'il peut faire (sans dépasser la limite qui lui ferait perdre son emploi) pour réduire le nombre de clients.
     
    La compagnie entrera elle-même en compétition avec les autres compagnies, voilà un autre rapport conflictuel. Normalement, la rivalité entre les entités d'un même niveau les pousse à s'améliorer dans leur rôle, mais cela se fait sans considération pour tout autre chose. Par exemple, si plusieurs individus sont en compétition pour être employé, ils devront devenir de plus en plus meilleurs dans cette tâche pour conserver leur poste, mais cela aux dépens de leur vie en dehors du travail ou de leurs besoins humains.
     
    Même chose pour les compagnies, elles ont intérêt à être de plus en plus tyranniques envers leurs employés, de plus en plus chiches avec leurs fournisseurs et de considérer de moins en moins toute autre chose (environnement, travailleur du Tiers-Monde, animaux, etc.) si elles veulent continuer d'exister. Une entreprise qui déciderait d'être fine avec ses producteurs tiers-mondiaux sera obligée de hausser ses prix ce qui lui fera perdre son marché devant ses compétiteurs plus maléfiques qui vendent moins chers (sauf si ce rehaussement de son image est suffisant pour que les consommateurs soient prêts à payer plus cher).
     
    Finalement, l'entreprise a également une relation conflictuelle avec le gouvernement. Ce dernier, en effet, pour s'assurer d'avoir des votes aux prochaines élections, doit imposer à la compagnie des limites afin que les principes que j'ai énoncés plus haut de la rendent pas trop nuisible. Le gouvernement essaiera également de s'approprier une part des revenus de la compagnie, qui elle essaiera de trouver des moyens d'éviter ces taxes et ces impôts.

    Coopératives
    Mon opinion est que les entreprises éviteraient tous ces pièges si elles étaient des coopératives et non des compagnies. Il faudrait, en plus, que les employés, les fournisseurs et les clients soient tous les trois des membres (donc copropriétaires) de la coopérative en question.
     
    De cette façon, ce serait bénéfique pour les autres :
            Les intérêts réels du client seraient pris en considération,
            On n'imposerait plus aux employés des conditions de travail inutilement contraignantes,
            On paierait le fournisseur pour la qualité de sa marchandise sans essayer de l'escroquer.
     
    Mais aussi, le fait de donner une ristourne à tous ces gens serait bénéfique pour l'entreprise elle-même :
            Si elle a des compétiteurs, les clients la choisiraient quand même, pour le simple fait qu'elle leur appartient,
            Les employés feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour que l'entreprise roule bien,
            Les fournisseurs feraient de bons prix.
     
    Dans ces conditions, il ne serait plus nécessaire qu'il y ait plusieurs entreprises rivales pour que ces dernières se préoccupent des intérêts du consommateur. Il serait même bénéfique que la coopérative en question ait le monopole de son marché. Ainsi, elle pourrait avoir à cœur autre chose que son propre profit (environnement, humanitarisme, etc.) car sa rivalité avec les autres ne la poussera pas à baisser ses prix à tout prix.

    Mort

    On peut dire que les anciens avaient une excuse lorsqu'ils se sont inventés des dieux pour expliquer les phénomènes naturels. Ils ne pouvaient expliquer ces choses qui les dépassaient. Toutefois, pour ce qui est de la vie après la mort, ils n'avaient pas d'excuses. Il n'est pas de réalité plus indéniable que le fait qu'il n'y a rien après la mort : on voit le cadavre, il ne bouge plus puis se décompose. On a inventé l'âme, pourquoi? Dire que ma conscience, ma mémoire et ma personnalité vont survivre si l'on détruit le corps qui les renferme, est absurde. Si je détruit un ordi à coup de bat de baseball, est-ce que Windows va aller au Paradis?

    Tous les animaux passent leur vie à essayer de survivre. C'est le sens et le but de leur vie. L'humain est le seul animal conscient de la fatalité de la mort. Ainsi, il sait que peut importe les efforts qu'il mettra pour rester en vie – bien s'alimenter, faire de l'exercice, ne pas prendre de risques inutiles – il mourra un jour ou l'autre. Cette réalité le rend fou. Pour s'en libérer, il essaie souvent de nier l'existence de la mort.

    La mort est inconcevable

    Pourquoi paniquer sur le fait que l'on va mourir un jour? Pour paraphraser Épicure (philosophe grec)  : « Quand nous sommes là la mort n'y est pas, et quand la mort est là nous n'y sommes pas. » Mais on a de la misère à accepter ça. Je suis un être limité dans l'espace (dans une zone appelé « mon corps ») et dans le temps (dans une période appelée « ma vie »).

    En fait c'est surtout parce qu'il est impossible pour une conscience de concevoir sa non-existence. Ce n'est pas à cause d'une limite de notre esprit : aucun être ne peut concevoir ce que c'est de ne pas être puisque cela est un paradoxe. La proposition « Que ressent-on lorsqu'on est mort? » est aussi irrecevable que la formule « 5 / 0 ». Mais songez au fait que l'éternité n'est pas plus satisfaisante à ce niveau : l'infini est tout aussi inconcevable que le néant.

    Personnellement, je trouve pathétique le désir d'immortalité de certaines personnes. C'est de la mégalomanie malsaine. C'est absurde de toute façon. Être éternel veut dire exister pour toujours! Donc dans 350 000 000 000 d'années on serait encore là. Et je te demanderais «Hé, tu te rappelles-tu quand le Soleil a explosé?» pis tu me répondrais «Pentoute, ça fait bien trop longtemps!».

    Suicidaires et euthanasie

    Certaines personnes prétendent qu'elles désirent mourir. Comme la mort est compréhensible mais inconcevable, on ne peut pas la désirer. Ce que la personne désir c'est qu'on la libère de certaines choses qu'elle croit inhérente à la vie.

    Si l'on creuse un peu, on peut découvrir ce qui est indésirable dans la vie de cette personne. Le plus souvent, on va se rendre compte que ces éléments indésirables sont supprimables sans que la personne ne meurt. D'autres sont permanents mais peuvent s'accepter et ne sont pas incompatibles avec une vie heureuse.

    Par contre, certaines maladies graves ou des signes de vieillesse avancée pourraient causer une souffrance perpétuelle et incurable. Dans ce cas-ci, on doit donner raison à la personne et lui accorder l'euthanasie. Mais sauf ces rares cas, la vie mérite toujours d'être vécue.

    Bref, ne craignez plus la mort car vous ne la connaîtrez jamais (vous ne serez plus là quand elle arrivera). Et n'oubliez pas que chaque instant passé à angoisser sur la mort, est un instant de moins passé à jouir de la vie.

    Évolution

    J'ai souvent jasé avec des créationnistes dans ma vie. Mais même les gens qui acceptent l'évolution, ne la comprennent pas vraiment et pensent souvent qu'il y a quand même une place pour Dieu là-dedans. Je vais donc ici vous expliquer la théorie moderne de l'évolution, selon le modèle proposé par Charles Darwin il y a déjà 200 ans de ça.

    L'évolution est la somme de deux phénomènes : la sélection et la diversification. L'un réduit la diversité selon certains critères alors que l'autre l'accroît de manière plutôt aléatoire.

    Si l'on accepte que :

    1. Certains de nos traits nous permettent plus facilement de survivre et de se reproduire tandis que d'autres nous nuisent dans ces mêmes tâches,
    2. Les enfants héritent de certains traits de leurs parents,
    3. Certains traits nouveaux (mutations) peuvent apparaître aléatoirement,
    4. Deux individus trop différents (génétiquement) ne peuvent pas se reproduire ensemble,

    Alors on croit implicitement à la théorie de Darwin. Du moins, on croit qu'elle est en vigueur à partir du moment présent (donc qu'elle générera de nouvelles espèces dans le futur) mais pas nécessairement qu'elle est la cause de la diversité des espèces actuelles (c'est quand même plus parcimonieux que de croire en un Dieu créateur).

    Pour prouver ce deuxième volet, il faut aller dans le registre fossile, la génétique, l'anatomie et la géologie. Toutes des sciences qui convergent pour approuver la théorie de Darwin.

    Bien sûr, depuis 200 ans, sa théorie a été améliorée. Entre autres, on a découvert les lois de l'hérédité (inconnus de Darwin, mais on sait depuis toujours que les enfants ressemblent à leurs parents), la génétique (cause de la diversité préexistante que Darwin ne s'expliquait pas), des espèces vivantes et fossiles inconnues à l'époque (dont celles qui relient l'humain au reste du règne animale) et on a aussi découvert que l'évolution n'était pas un processus régulier, elle s'accélère durant certaines périodes où la survie est plus difficile. Mais, de façon générale, la théorie de l'évolution est restée semblable depuis Darwin.

    Il faut comprendre que dans tout ça il n'y a pas de bien ou de mal, de supérieur ou d'inférieur, de fort ou de faible. Cette théorie n'a pas pour but de nous donner un repère moral ni de justifier une quelconque pratique. Elle fait juste expliquer comment les espèces se sont divisées et transformées.

    L'évolution n'est pas unilinéaire. L'humain n'est pas « l'espèce la plus évoluée » (expression totalement vide de sens…) ni le but de la vie ou de l'univers. Le parcours de la vie est multilinéaire, formant un arbre semblable à un arbre généalogique. Contrairement à ce qu'on nous annoncent dans des films tels que X-Men, l'évolution ne nous donnera pas de pouvoirs surnaturels. Aucune mutation génétique ne permettrait de lancer des boules de feu, de contrôler les champs magnétiques ou de lire dans les pensées. Sinon on aurait pu l'observer, à différents degrés, chez d'autres espèces. Les auteurs de ce genre de films ont tellement une idée unilinéaire de l'évolution qu'ils se disent que l'humain va nécessairement évoluer en quelque chose de « plus puissant » donc, pourquoi pas, en dieu. Revenez à la réalité les gars. C'est pas comme ça que ça marche.

    À ceux qui – obéissant à la loi de Godwin – disent qu'Hitler s'est inspiré de Darwin donc que croire en l'évolution c'est mal (!), j'aimerais vous rappeler qu'Hitler ne fait nul mention de Darwin ni de la sélection naturelle dans son livre Mon combat.  Au contraire, il fait souvent allusion à Dieu et au droit divin d'un peuple élu d'asservir et d'exterminer les peuples inférieurs. L'idée qu'il y a des humains inférieurs à d'autres ne vient certainement pas de Darwin. Les classes sociales et les castes existent depuis des millénaires dans les cultures humaines, c'est pas Darwin qui a inventé ça. Sa théorie ne fournit d'ailleurs aucune eau au moulin des racistes. Mais mettons qu'on essaye… disons que celui qui survit est le « supérieur » de celui qui disparaît… pourquoi les Sémites seraient-ils inférieurs aux Aryens s'ils n'ont pas encore disparus?

    C'est sans doute parce qu'elle nous faisait perdre notre statut de « roi de la Création » que cette théorie a eu de la difficulté à percer. C'est pour la même raison que le géocentrisme a eu de la difficulté à laisser sa place. L'humilité est une rare vertu.

    Mon végétarisme

    Je suis devenu végétarien parce que ça s'est imposé de soi-même pour moi. J'ai plus pris conscience du fait que pour que j'ai de la viande dans mon assiette, il fallait qu'un animal meurt. Et je me suis dis que je n'aimais pas la viande au point d'être prêt à tuer pour ça. Je me suis dit : « S'il n'est pas nécessaire à ma survie, à ma santé et à mon bonheur de torturer et tuer des animaux innocents qui ressentent la douleur et qui désirent survivre, je n'ai aucune raison de le faire moi-même ni de le faire faire par quelqu'un d'autre. » Donc j'ai tout simplement arrêté d'en manger; ça n'avait plus aucun sens pour moi. De toute façon, j'en mangeais juste chez les autres ou au restaurant parce que j'étais pas capable d'en préparer; manipuler de la viande crue me répugnait.

    Donner des droits aux animaux?

    Bon yen a qui vont trouver ça niaiseux, mais moi je trouve que c'est important. Tsé je crois pas à Dieu ou à l'âme, pour moi on est tous des machines de chair. On est de la viande. Mais ça nous enlève rien d'être ça... Ce que je veux dire c'est que pour moi il n'y pas de rupture net entre nous et le reste du règne animal. Ça forme un continuum. On a une différence de degré et non de nature comme disait un penseur célèbre quelconque (c'était Darwin il me semble).

    Donc le fossé entre l'humain et la bête n'est pas aussi clairement défini qu'on le croit. Pour vous donner une idée, voici trois «frontières» dans le monde vivant que je fixe comme ça semi-arbitrairement :

    1. Les êtres pourvus d'un cerveau (les animaux dont l'humain) versus les acéphales (végétaux, champignons, algues, embryons prématurés d'animaux).
    2. Les êtres appartenants à l'espèce humaine versus ceux qui n'y appartiennent pas.
    3. Les êtres doués de raisons (les humains adultes normaux) versus tous les autres cérébrés (bêtes, enfants, handipés mentaux, créationnistes, adéquistes).

    On a tendance à accorder à la deuxième de ces trois frontières un peu trop d'importance. Pour moi la #1 (la sensitivité) est la plus importante pour donner des droits et la #3 (la rationalité) devrait être utilisé pour donner des responsabilités. Mais il est ridicule de baser le droit ou le devoir en fonction de la #2, qui n'est que la limite de l'espèce humaine (donc, finalement, se réduit à l'interfécondité). D'ailleurs il n'est pas aussi facile qu'on le pense de définir ce qu'est un humain. Certains individus peuvent être à la limite de l'espèce (comme les hominidés pré-humains ou les gens qui auraient une mutation importante). Tandis que définir ce qu'est un «être doué de sensation» et un «être doué de raison» est à la fois plus simple et constitue une référence plus légitime pour élaborer une éthique.

    Moi j'ai l'impression qu'on sacralise un peu trop l'humain tout en chosifiant trop l'animal. J'essaye de ramener ça à la normal.

    Tsé pour ce qui du droit, en général (et de toute autre chose d'ailleurs), on a tendance à penser un peu trop dans une perspective de catégories. On regroupe les individus en ensembles puis on accorde des droits à ces ensembles. Moi, je ne veux pas que l'ensemble "homme" et l'ensemble "femme" soient égaux (ce qui est prôné de nos jours), je veux que ces ensembles semi-fictifs disparaissent et que les individus soient traité pour ce qu'ils sont. C'est la même chose pour l'ensemble "humain" versus l'ensemble "bête". Pour accorder des droits, on ne devrait pas se demander « Cet individu est-il un humain? » mais « Cet individu a-t-il des besoins? ». Que le porc ne soit pas capable de réfléchir sur l'atome ou les trous noirs ne lui enlève rien à sa faculté d'éprouver de la souffrance physique et psychologique.

    Mais le végétarisme c'est pas aller trop loin?

    Moi j'ai une morale purement utilitariste. Je vais suivre la voie qui va maximiser le bonheur collectif (dans lequel j'inclus tout être capable de bonheur). Sauf qu'en cas d'égalité, je pense que l'individu doit se favoriser lui-même.

    Donc si je dois manger de la viande pour survivre, je puis tuer une proie pour assouvir ce besoin. Car je peux faire passer mon besoin de survivre avant le besoin de survivre de ma proie.

    Mais le fait que je réussisse à survivre et à être en bonne santé sans manger de viande, me prouve à moi-même que ce geste n'est pas essentiel à ma survie. Finalement, je ne mangeais la viande que pour son goût. Donc j'ai calculé que mon besoin de goûter la chair de ma proie était inférieur au besoin de survivre de cette même proie.

    Donc tu nous vois comme des monstres immoraux?

    Pas du tout. Je réprouve d'ailleurs cette tendance qu'on a de démoniser les gens qui ne respectent pas notre code d'éthique personnel. Les mangeurs de viande ne sont pas des monstres, pas plus que les pédophiles ou les terroristes. Ce sont des humains qui ont des raisons de faire ce qu'ils font.

    Si une personne aime tant la viande qu'elle ne pourrait imaginer sa vie sans ça, je me vois mal lui dire : « Arrête d'en manger, déprime puis suicide-toi! ». Je pense pas que ça la convainque. Je pourrais aussi lui enlever de force le steak de la bouche, mais ça ne l'empêchera pas de s'en acheter un autre dans mon dos. Donc je n'interviens pas vraiment dans la carnivorie de mon entourage et je n'aborde la question de mon végétarisme que si c'est les autres qui commencent à m'en parler en premier.

    Je me dis que, pour moi, vu que je ne trippe pas trop sur la viande, ce fut facile de devenir végétarien mais que pour d'autres c'est sans doute moins accessible. Je n'ai donc aucun mérite d'être végétarien, tout comme je n'ai aucun mérite de ne pas être pédophile puisque les enfants ne m'attirent pas sexuellement. Si quelqu'un fait l'effort d'essayer de réduire sa consommation de viande ou de goûter des aliments typiquement végétariens lorsqu'on lui en offre, alors il est moralement mon égal à ce niveau, même si lui ne réussit pas à devenir végétarien. Car on aura tous les deux fait les mêmes efforts, ce qui aura été déterminants sont des facteurs hors de notre contrôle (notre volonté et surtout notre appréciation personnelle du goût de la viande).

    Par ailleurs, je me dis qu'au fond la plupart des consommateurs de viande sont à un pas d'être végétariens. Dans le sens que même s'ils mangent beaucoup de viande, leur façon de voir les choses à ce niveau se rapproche plus de la mienne que de celle d'un chasseur ou d'un éleveur. Par exemple, si je reçois quelqu'un chez moi et que je lui dis : « Si tu as faim, tu peux prendre du poulet dans le frigidaire ou une pomme dans le bol à fruit. », il va très certainement prendre le poulet. Mais si je lui dis : « Si tu as faim, tu peux aller égorger le coq dans la cour ou prendre une pomme dans le bol à fruit. », là il risque plus de prendre la pomme. Pas parce qu'il est trop paresseux pour dépecer le coq, mais parce qu'il va considérer que son désir de le manger n'est pas assez fort pour qu'il le tue. Donc la plupart des gens mangent de la viande surtout par habitude et par inconséquence. C'est pour ça qu'on peut les considérer comme à un pas du végétarisme; ce sont des végétariens non-pratiquants.

    Autres raisons secondaires...

    Il y a bien sûr aussi pour être en meilleure santé. Car si manger de temps en temps du chevreuil sauvage nourri de feuilles est bon pour la santé, manger quotidiennement du boeuf domestique nourri de farine animale et d'antibiotiques est incontestablement malsain.

    Également, des raisons environnementales. Il nécessite de sacrifier beaucoup plus de terres arables pour produire une certaine quantité de protéines animales que pour produire la même quantité de protéines végétales. Donc la production de viande consume beaucoup plus d'énergie qu'elle n'en donne. C'est logique, si je calcule le nombre de repas qu'on pourrait faire en cuisinant mon cadavre, je me rends compte que ce nombre est une infime fraction du nombre de repas que j'ai mangés dans ma vie. C'est la même chose pour un boeuf. Donc compte tenu que l'agriculture détruit l'environnement, la minimiser en éliminant l'intermédiaire inutile qu'est le bétail, est un geste écologique.

    Militantisme

    Je ne suis pas « militant » pour aucune des causes que je soutiens. .Par exemple, je ne vais pas m'attacher à un arbre pour éviter qu'on ne rase une forêt.

    Militer c'est souvent marginaliser sa cause

    Je remarque que l'on a tendance à voir comme des fous ou des illuminés les gens trop impliqués dans une cause. Surtout dans le cas où ceux-ci vont se mettre à dos de grandes portions de la population (ou des portions influentes, comme les journalistes par exemple). Souvent le militant va être « agressif » envers des actions qui sont généralement commises par la grande majorité de la population. Si je dis à la télévision que ceux qui ne font pas comme moi sont justes des égoïstes ou des caves, ya moins de chance que ces mêmes gens décident de m'écouter. Même chose si je fais des actions pouvant paraître étranges aux yeux du commun des mortels.

    Moi j'essaye toujours d'avoir l'air « modéré ». De cette façon, les gens ne se ferment pas à mon message. Mais si d'autres que moi font des extravagances au nom d'une cause que je défends, alors j'ai automatiquement l'air d'un extrémiste si je dis que je la défends. Et ça me fait chier. Donc, de grâce, rappelez-vous que la fin ne justifie pas les moyens et que de laisser les gens évoluer à leur rythme est la seule façon de les faire évoluer un jour.

    Militer c'est souvent de la pensée magique

    Je ne vois pas en quoi le fait de marcher des kilomètres guérira le cancer du sein. Ni en quoi le fait de me raser la tête aidera les leucémiques. Me déguiser en ours polaire ne réduira pas les changements climatiques non plus. Pour moi tout ces rituels sont simplement de la magie. Ce n'est pas quelque chose que je veux encourager.

    Quand j'étais en première année, on a fait un marche-o-ton pour amasser des fonds pour quelque chose. Je ne comprenais pas trop le principe. Ma mère m'explique « Plus tu marches de kilomètres, plus tu amasses de l'argent pour cette cause. » Mais yavait quelque chose que je comprenais. « Mais pourquoi les gens ne font pas juste donner de l'argent directement pour la cause? » En troisième année, c'était le Sautons-en-cœur que c'était le même principe. Plus tu sautais à la corde longtemps, plus les gens donnaient de l'argent pour les maladies du cœur. Encore là j'avais de la misère à comprendre. Pourquoi les gens veulent pas donner d'argent pour guérir la leucémie mais sont prêts à en donner pour que je me rase la tête?

    Même chose pour les « grèves » étudiantes (on devrait plutôt appeler ça « foxage de masse ») ou tout autre « moyen de pression » ne mettant aucune pression sur la cible visée (par exemple, le fait de tous s'habiller en noir le mardi…). Je trouve que c'est grotesque.

    Militer c'est souvent être discriminatoire malgré nous

    Le mouvement féministe dit vouloir l'égalité des sexes et je le crois. Il y a très certainement certaines féministes extrémistes voulant que la femme domine l'homme, mais il a des extrémismes dans tout. Le problème est que l'intervention des féministes se fera seulement dans un cas où les droits de la femme sont opprimés mais pas dans un cas où ce sont les droits de l'homme (mâle) qui le seraient. Donc même s'ils prônent théoriquement l'égalité, les féministes permettent involontairement une inégalité. Un bon exemple ce sont les féministes qui s'insurgent contre l'excision des jeunes filles en Afrique et voient ça comme une oppression de la femme par les méchants hommes, mais qui ne reprochent rien à la circoncision des jeunes garçons et ne la voient pas du tout comme une oppression de la part de la femme. Un autre exemple, plus près de chez nous, c'est quand on désapprouve le fait que des femmes musulmanes portent le voile, mais qu'on a rien à reprocher au fait que des hommes sikhs portent le turban.

    On peut justifier cette tendance du féminisme par le fait qu'autrefois le statut de la femme était jugée socialement inférieur à celui de l'homme. Donc il aurait semblé absurde à l'époque de défendre les droits de l'homme (mâle) devant ceux de la femme. Mais aujourd'hui c'est différent. Les deux sexes sont égaux. On doit maintenant permettre aux individus d'être ce qu'ils veulent sans les contraindre ou les discriminer en fonction de leur sexe. Le mouvement féministe doit fusionner avec les quelques groupuscules masculinistes modérés pour devenir un mouvement pour l'égalité des sexes qui défendraient les deux sexes.

    Même chose pour la ligue des Noirs ou tout autre mouvement ayant pour but de défendre l'accès à l'égalité pour un groupe donné. Il aura tendance à négliger de reconnaître qu'il y a des sphères dans lesquels c'est son groupe qui « opprime » les autres. Il n'y aura pas non plus de moment où ce mouvement dira : « Bon, on est pas mal égaux, on peut dissoudre le mouvement. » Moi j'ai l'impression que ces mouvements vont continuer d'exister perpétuellement en réclamant toujours plus de droits pour leur groupe, jusqu'à ce qu'ils soient le groupe dominant.

    Personnellement, je dirais qu'il ne devrait exister qu'un seul mouvement défendant l'accès à l'égalité pour tous.

    Bref le militantisme tel qu'il est pratiqué actuellement me semble à la fois grotesque et inutile.

    Dictionnaire

    Si vous avez lu plus bas mon texte Notre langue, vous savez que je ne porte pas dans mon cœur le purisme linguistique. Ici je vais m'attarder plus précisément à faire une critique de cet ouvrage que l'on appelle dictionnaire et qui est la Bible des puristes de la langue.

    D'abord, comprenez que le dictionnaire n'est pas un livre sacré et que son contenu peut être remis en question, puisqu'il a été écrit par des humains, faillibles comme nous tous, dans un contexte donné. Ils n'inventent pas la langue à partir de rien. Non. Ils se basent sur la langue parlée et écrite déjà en vigueur. Ensuite ils essaient de donner aux mots des définitions cohérentes avec leur usage et  ils étiquettent certains mots comme « impropriété ».

    Les définitions peuvent être incorrectes

    Parfois en tentant de donner à un mot sa définition, ils peuvent se tromper. Pourquoi? Parce que la définition de chaque mot doit se faire avec d'autres mots, alors que dans notre tête, la définition des mots est conceptuelle donc pas métalinguistique. Quand je pense au mot « chat » je pense à un chat et pas à « mammifère carnivore de la famille des félidés… »

    Voici un exemple de définition incorrecte : Artificiel

     Dans le Multidictionnaire, Artificiel est défini tout simplement comme « non naturel » et Naturel est défini comme « qui appartient à la nature » puis  Nature est défini comme « ensemble des êtres et des choses qui composent l'univers »… donc il n'y a pas de plantes artificielles dans l'univers…

    Dans le Petit Robert, Artificiel est « produit par l'activité humaine et non pas la nature » et Naturel est défini comme « qui n'a pas été modifié par l'homme » donc, selon cette définition, un vaisseau spatial construit par des extraterrestres serait quelque chose de naturel, mais un excrément humain est artificiel.

    Les définitions peuvent être idéologiquement orientées

    Portez attention à ces définitions tirés du Petit Robert :

    Paradis : Lieu ou les âmes des justes jouissent de la béatitude éternelle.

    Karma : Dogme central de la religion hindouiste selon lequel la destinée d'un être vivant et conscient est déterminé par […]

    Vous avez remarqué? Pour  karma on précise « dogme central de la religion hindouiste » mais pour un dogme chrétien… rien, aucune précision, comme si ce n'était pas dans la mythologie chrétienne mais dans la réalité. Comme si ça existait pour vrai de manière objective et reconnue par tous.

    Le dictionnaire marginalise la francophonie hors Paris

    Les mots québécois, belges ou africains – lorsqu'ils sont dans le dictionnaire – sont toujours accompagnés d'une mention précisant leur origine. Certains très répandus dans toute la francophonie sont exclus du dictionnaire si on ne les utilisent pas dans la capitale de l'hexagone. Tandis que le moindre argot parisien est scrupuleusement consignés dans cette bible du langage., et il n'est nullement précisé que ce mot n'est employé qu'à Paris ou qu'en France.

    Les mots semblables à ceux de l'anglais sont démonisés

    L'anglais c'est le mal ça a l'air, les mots d'emprunts des autres langues sont vus comme un enrichissement mais pas ceux de l'anglais. C'est rendu qu'on expulse des mots qui sont depuis longtemps dans notre langue juste à cause de leur origine douteuse. Par exemple, on ne peut plus dire le mot « opportunité » qui est désormais un anglicisme… malheureusement on n'a pas d'autre mot pour désigner ce concept.

    Évidemment, ce sont les anglicismes non-parisiens qui sont démonisés. On peut donc dire « week-end » puisque ce mot est employé à Paris et est donc purement francophone, mais on peut pas dire « fin de semaine » car c'est un calque de l'anglais « weekend ».

    Bref, pour moi quelqu'un qui prend tout ce qui sort du dictionnaire comme si ça sortait de la bouche d'un dieu, je trouve qu'il est pas mieux qu'un intégriste avec son livre sacré. (Notez que dans mes exemples ici je n'ai pas utilisé le Larousse car je n'en ai pas chez moi mais c'est, à mon sens, le pire.) 

    La vie est un rêve

    Je fais deux sortes de rêves.

    Il y a ceux que je fais la nuit. Ils sont bizarres. Le récit y est souvent décousu. Un personnage peut soudainement en devenir un autre. Une émission de télévision que j'y regarde peut soudainement devenir la réalité. Il est difficile de cartographier quoique ce soit et rien n'est permanent. Les lois de la physiques sont négociables et je peux altérer le cour des événements rien qu'en le voulant très fort (comme dans Le Secret). Ces rêves sont éphémères, lorsqu'ils prennent fin, je ne peux plus y retourner.

    Puis, il y a les rêves que je fais le jour. Je devrais dire le rêve, parce que c'est toujours la même chose. Ça commence toujours de la même façon : je suis dans un lit et il y a un cadran qui sonne à côté de moi. Ce qu'il y a de bizarre dans ce rêve, c'est que quand il commence il reprend toujours où il s'était arrêté la dernière fois que j'en étais sortis. Par exemple, si je laisse un crayon sur mon bureau avant que le rêve ne s'achève, le crayon sera toujours là quand je reviendrai dans ce rêve. Tout y est plus constant, tout est régit par des lois fixes qui me permettre d'anticiper ce qui va se passer.

    Maintenant, la question existentielle, lequel de ces rêves est la réalité? Celui que je fais le jour ou l'un de ceux que je fais la nuit? Quand je suis dans un rêve je suis convaincu d'être dans la réalité et que tous mes autres rêves sont de la fiction. Donc si je suis objectif, aucun n'est plus vrai qu'un autre. Mais c'est dans celui-ci – celui que je fais le jour – que mes gestes ont des conséquences plus prévisibles mais contraignantes. Et c'est de ce rêve-ci que je suis coincé, je le refais tout le temps à chaque jour, repartant du point où je l'ai laissé. Et ce qui m'y arrive a un impact direct sur ma souffrance ou mon bonheur. Alors… qu'il soit « vrai » ou pas m'importe peu. Je vais faire comme si ce rêve était réel. Oublions Descartes et la Matrix... 

    Haine gratuite vs amour universel

    J'haïs la haine.

    Moi j'aime tout le monde. Je ne dis pas que je raffole de la présence de chaque humain sur Terre, mais ya personne que j'haïs. Y en a qui me tapent sur les nerfs, d'autres que je trouve stupides ou insignifiants. Il y en a que je trouve impolis ou inutilement méchants, d'autres qui manquent simplement de tact. Il y en a qui suivent une idéologie dangereuse et dont la mort ne serait, à mes yeux, que bénéfique pour le bonheur collectif. Mais ya personne pour qui j'éprouve de la haine.

    Des fois, des personnes que j'aime ne s'aiment pas. Alors je demande :

    – Pourquoi n'aimes-tu pas X?

    – Bin…, me répond-on, on peut pas aimer tout le monde!

    C'est presque systématiquement ce qu'on me répond. Et ça me frustre parce que ça ne répond pas du tout à ma question. J'ai bien dit « Pourquoi? », je cherchais donc une cause. L'incapacité d'aimer tout le monde n'est pas la raison pour laquelle on n'aime pas cette personne. C'est comme si tu t'étais dit « Bon je ne peux pas aimer tout le monde (dans le sens de "je n'ai pas le droit d'aimer tout le monde") donc je dois sélectionner au hasard quelqu'un que je vais désormais haïr… ce sera X! »

    Des petites nouvelles pour vous : Oui, vous avez le droit d'aimer tout le monde! Le faire ne vous rendra que plus en paix avec vous-mêmes. Haïr quelqu'un lui nuit seulement quand tu es avec lui, mais te nuit chaque fois que tu penses à lui.

    Autre affaire que j'haïs, c'est la haine par effet de halo. Haïr tous les membres d'un groupe à cause d'un seul de ses membres. C'est doublement con.

    Faites comme moi : Aimez-vous les uns et les autres. Comment? C'est simple : la condescendance. Jésus lui avait compris. C'est facile d'aimer tout le monde si tu leur dis « Je suis le créateur de l'univers incarné dans un humain, et vous êtes juste des brebis égarées qui ne pouvez survivre si je ne vous donne pas des ordres. » Voici donc le chemin de l'amour universel :

    Haine >>> Mépris >>> Condescendance >>> Pitié >>> Compassion >>> Empathie >>> Amour

    Cessez de regarder celui que vous haïssez comme un méchant. Voyez-le plutôt comme un imbécile. C'est un enfant ou une bête stupide sans malveillance mais qui est trop conne pour agir comme du monde. Méprisez cet être… il vous est inférieur. Oui, vous êtes beaucoup mieux que lui. Soyez condescendant envers cette pauvre créature… qui n'a pas votre chance. Pauvre d'elle, comme elle fait pitié… tolérez ses handicaps vous qui ne les avez pas. Ce n'est pas de sa faute à lui… il a besoin de votre aide. Soyez bon avec lui. Aimez-le!

    Fin du parcours. Bonne chance. 

    Extraterrestres

    Croyez-vous aux extraterrestres?
    Cette question a plusieurs interprétations possibles : « Croyez-vous qu'il y ait de la vie ailleurs dans l'univers? », « Croyez-vous qu'il y ait des êtres intelligents ailleurs dans l'univers? » ou « Croyez-vous qu'il y a des êtres intelligents venus d'ailleurs dans l'univers qui m'ont enlevé pour faire des expériences sur moi? ». Ces trois questions n'ont pas la même portée.
    Je trouve que même les scientifiques vont un peu vite en affaire dans ce domaine. « On a trouvé de l'eau sur cette lune, donc il y a possiblement de la vie, donc possiblement une civilisation extraterrestre! » Wô! Pas si vite. J'veux pas casser le party mais c'est loin d'être aussi simple.
    D'abord l'eau est une substance chimique très simple : H2O. Et en plus le « H » (l'hydrogène) qui la compose est l'élément le plus simple de l'univers (un électron et un proton). Donc de l'eau ya de forte chance qu'on en trouve partout! La vie par contre, c'est une structure chimique beaucoup plus complexe. Même si on prend ça dans un sens large et qu'on définit la vie comme tout « composé chimique qui, dans un environnement donné, fabrique des répliques de lui-même », ça reste quelque chose d'exceptionnel.
    Maintenant cette vie primitive est bien loin de l'être doué de raison. Pensons aux milliards d'années que ça a pris pour passer de l'unicellulaire à l'humain. Par ailleurs, l'apparition de l'intelligence n'est pas nécessaire. La vie aurait pu exister pendant des milliards d'années puis disparaître avec la mort de notre soleil, sans jamais que n'apparaisse un être capable de réfléchir, ni même un être pourvu d'un cerveau!
     
    De quoi ont-ils l'air?
    Je trouve que dans le folklore populaire, les extraterrestres ont une apparence très peu crédibles : des humanoïdes! Déjà pour qu'une forme de vie intelligente apparaisse ailleurs, ça prendrait une coïncidence incroyable, le fait que cette intelligence siège dans un corps aussi semblable au nôtre serait statistiquement impossible.
    Pour que des êtres venus d'ailleurs entre en contact avec nous, tout ce qu'ils ont de besoin, sur le plan biologique, c'est : un organe pour penser (cerveau), un organe pour communiquer (bouche) et un organe pour manipuler son environnement (mains). Juste sur Terre, il y a plus de diversité dans ces domaines que dans les films de science-fiction. Contrairement à ce qu'on pense, les grands singes (dont l'humain) ne sont pas les seuls "génies" dans la nature. Par exemple, les éléphants sont des animaux très intelligents et physiquement semblables à nous sauf qu'ils sont quadrupèdes et manipulent leur environnement à l'aide de leur long nez au lieu des membres antérieurs. Les pieuvres aussi sont très intelligentes, et pourtant plus différentes de nous qu'un E.T. hollywoodien.
    Maintenant réfléchissez au fait que ces extraterrestres n'ont, normalement, pas d'ancêtres communs avec nous. Voyez ensuite toute la diversité du vivant sur Terre et réfléchissez au fait que tout ce qui vit ici a un ancêtre commun avec nous. Cherchez des photos de la faune abyssale, vous y trouverez des êtres qui ne ressemblent à rien de ce que vous connaissez et qui, pourtant, partage avec vous une part importante de votre patrimoine génétique.
     
    Et si tu en voyais un?
    Si l'on trouve sur une autre planète une forme de vie (ne serait-ce qu'une bactérie) qui, comme nous, est faite d'ADN, il n'y aurait qu'une conclusion logique : elle a un ancêtre commun avec nous. J'en déduirais, tout naturellement, que la vie n'est pas nécessairement apparue sur Terre et qu'elle a été disséminée dans le Cosmos via de microscopiques extrémophiles vivants à la surface de météores.
    Si je croise un jour un petit bonhomme gris comme on en voit dans X-Files et dans la mythologie raélienne, il n'y aurait qu'une conclusion logique : il a un ancêtre commun – très récent! – avec nous. Si je le rencontre sur Terre, je ne me dirai même pas une seconde que cet être vient d'une autre planète (pourquoi le penserai-je?). Je me dirai que c'est une espèce rare d'hominidé qui a doit venir d'un endroit peu connu de nous (ce qui explique pourquoi on n'en voit pas dans les zoo) et où les conditions de vie sont très différentes (ce qui explique ses différences d'avec nous) donc, probablement, dans une grande caverne. Sinon, c'est peut-être tout simplement un humain ayant subi une mutation rare. Si cet être me parle et prétend venir d'une autre planète, soit il me ment, soit ses ancêtres sont des humains (d'une ancienne civilisation disparue qui avait la technologique du voyage spatial?) qui ont colonisés sa planète longtemps auparavant (et l'espèce a évoluée depuis, en fonction de ce nouvel environnement, ce qui explique ses différences phénotypiques d'avec nous).
    Si je vois une lumière dans le ciel, il me semble plus logique que ce soit un phénomène atmosphérique ou astronomique plutôt qu'un vaisseau construit par des êtres intelligents venus d'une autre planète. Et pourtant, la plupart des gens sauteront sur cette deuxième conclusion. Même si l'objet aérien en question a vraiment l'allure d'un vaisseau, il est plus probable qu'il s'agisse d'une construction humaine qui n'a pas le pouvoir de quitter l'atmosphère. On en voit tous les jours dans les cieux (avions, sattellite, hélicoptère), tandis que les soucoupes volantes on en voit jamais. Si ce véhicule volant ne ressemble à rien de connu, je vais me dire que c'est simplement un modèle que je ne connais pas.
     

    L'art

    Je me suis demandé « Mais qu'est-ce que l'art? ». Pourquoi une toile est de l'art mais pas une roche ni un bac de recyclage?

     

    Étymologiquement, «art» est de même racine que «artefact» et «artificiel». Par opposition à «naturel», ce qui est artificiel est ce qui est créé intentionnellement*. Donc, dans un sens large, tout ce que l'on fabrique sciemment – indépendamment de notre but précis – est de l'art. Mais dans un sens plus restreint, lorsque l'on parle d'une chose construite dans un dessein purement pratique sans considération esthétique, on est moins enclin à la qualifier d'«œuvre artistique». Il faudrait donc qu'on pense à la forme et pas seulement à la fonction pour qu'un objet puisse prétendre au statut d'œuvre d'art. Mais tout objet créé artificiellement comporte un peu d'art en lui (sauf s'il n'y aurait qu'une forme pouvant répondre à la fonction).

     

    La définition que je propose de l'art, c'est toute chose créé artificiellement dans un but esthétique et/ou sémantique. Pour ce dernier aspect, c'est plus ambiguë vu que chacun peut interpréter différemment le message qu'il y a dans une œuvre. Moi j'ai plus de misère avec l'art abstrait. C'est pas grave qu'il y ait plusieurs sens possibles ou plusieurs interprétations possibles. Mais quand « chacun y voit ce qu'il veut » et qu'on ne peut pas deviner l'intention de l'auteur… ça revient au même que s'il n'avait pas eu d'intention, donc ce n'est plus quelque chose d'artistique.

     

    Exemple : Mettons que j'ai deux toiles, A et B. La toile A est couverte d'une peinture abstraite qu'un artiste a faite. La toile B a été recouverte de peinture aléatoirement par des seaux qui sont accidentellement tombés ouverts à proximité sans que quiconque ne l'ait prémédité. Donc si l'écart entre les interprétations de la toile A est supérieur ou égal à ceux de la toile B, alors la toile A n'est pas plus de l'art que la toile B (qui ne l'est pas vu qu'elle a été faite «par la nature», c'est-à-dire sans intention, ni auteur). C'est comme si l'auteur de la toile A n'avait tellement pas réfléchi à son affaire et c'était tellement « laissé allé » que son œuvre pouvait être considéré comme le fruit du hasard. J'avoue que c'est probablement quelque chose qui n'arrive jamais, faudrait vraiment faire une étude sérieuse en comparant justement l'art abstrait à une «toile accidentelle» (le problème c'est que si l'on crée volontairement une telle toile, elle n'est plus accidentelle).

     

    En résumé, pour moi l'art doit :

    1. avoir une valeur esthétique (dans le sens de « pouvoir être agréable pour les sens ou pour l'esprit »)

    2. avoir une valeur sémantique (donc avoir une ou plusieurs signification, comme un message codé)

    3. être intentionnelle (donc être plus significative que tout produit de la nature)

     

    ––

     *Certains diront que artificiel c'est « ce qui est fait par l'humain » et que le reste est naturel… cette définition sous-entendrait qu'un vaisseau spatial construit par des extraterrestres serait naturel, et qu'un excrément humain serait artificiel. On comprend donc qu'elle est inadéquate et qu'elle ne fait que renforcer la fictive opposition humain/nature. 

    Liberté!

    J'en ai déjà parlé dans un blog précédent que j'ai effacé parce qu'il semblait trop hermétique. Ici j'y reviens en essayant d'être plus proche de celui qui me lira. Je veux juste dire que je trouve que la notion de « liberté » est trop sacralisée et que c'est ce culte de la liberté qui nous rend prisonnier, d'une certaine façon.

    D'abord définissons la liberté. Être libre c'est « pouvoir faire ce que l'on veut ». Cela ne s'oppose donc pas au déterminisme qui, lui, est inévitable. Car tout ce qui arrive dans le présent découle nécessairement de ce qui est arrivé dans le passé. Le libre-arbitre (agir sans que quoique ce soit d'autre que nous-mêmes ne nous influence) est une fiction puisque toute chose dans l'univers est interdépendante d'avec d'autres. La liberté c'est juste un sentiment. On est libre quand on se sent libre. Personne n'est jamais complètement libre mais personne non plus n'est pas du tout libre. Il y a toujours des choses que l'on ne peut changer et d'autres sur lesquels on a un pouvoir.

     

    La liberté à tout prix

    Quand je vois des films hollywoodiens (surtout de la science-fiction ou des films historiques) qui (en cachant à peine le parallèle avec la guerre de l'indépendance des États-Unis) nous présentent des héros qui préfèrent « mourir libres » plutôt que de vivre esclaves, je me dis « Eille réveille le cave, t'es pas libre t'es juste mort! ». Évidemment, si je pense à un esclave afro-américain qui préfère risquer de mourir plutôt que de continuer à travailler cent heures semaine dans un champ de coton, là je suis d'accord. Mais quand les colonies britanniques d'Amérique du Nord ont déclaré la guerre à la Grande-Bretagne juste pour acquérir leur souveraineté, mettons que je trouve ça exagéré. Tsé dans une guerre ya du monde qui meure. C'est comme si le Québec déclarait la guerre au Canada pour devenir un pays souverain. On va pas sacrifier des vies juste pour payer moins d'impôts.

    Dans ma tête à moi, même si ya quelqu'un qui se dit « au-dessus de toi », si sa présence ne t'empêche pas d'être libre [de faire ce que tu veux], alors t'as pas besoin de « t'émanciper » de lui. Si par contre il te nuit dans l'assouvissement de tes désirs, là par contre t'affranchir est légitime… mais pas à n'importe quel prix. Si le chemin de la libération est plus contraignant que de rester soumis à ton maître, alors demeure-lui fidèle ou cherche un autre moyen d'acquérir plus de pouvoir sur ta vie.

     

    Démocratie

    Ah la sacro-sainte démocratie. Moi, désolé, j'y crois pu. Quand tu sais que la majorité du monde vote n'importe quoi – soit ils votent au hasard, soit ils se basent sur des critères douteux (« Ah lui j'y aime la face… »), soit ils votent pour le même parti depuis des générations indépendamment de son évolution – je me dis que le pouvoir de l'élu devient aussi peu légitime que celui d'un roi. Par ailleurs, comme la démocratie est la « loi de la majorité », si je suis minoritaire je deviens automatiquement impuissant, opprimé, assujetti au tyran qu'est la majorité. Oui, le peuple est le mieux placé pour savoir où est son propre bien-être. Mais, s'il est trop inculte pour distinguer les chiens des loups, alors peut-être que quelqu'un d'autre devrait prendre la décision à sa place. Comme les parents prennent des décisions pour leurs enfants.

    La solution la plus parcimonieuse et la plus légitime serait, selon mon humble avis, de demander deux ou trois questions aux gens avant de les autoriser à entrer dans l'isoloir pour voter. Genre « Qui est le parti au pouvoir en ce moment? Qui est le chef du Parti X? Quel parti promet de baisser les impôts? ». Si la personne est pas capable de répondre… son vote n'aurait aucune valeur et ne ferait que nuire au vrai but de la démocratie : Élire celui qui va le mieux répondre aux besoins du peuple. Donc le suffrage universel sans condition c'est une aberration. C'est un paradis pour celui qui a de l'argent. Parce que quand les gens votent de manière irrationnelle, c'est toujours - comme par hasard! - celui qui a investit le plus d'argent dans sa campagne publicitaire qui est élu.

    « Ah si on empêche des gens de voter ont nuit à la démocratie et à la liberté. » Faux! Ce sont les « votes aléatoires » qui nuisent à la démocratie (puisque le résultat du vote n'est plus la volonté du peuple) et à la liberté. Supprimer ces votes c'est donc recouvrer notre liberté. Il est plus libre celui qui vit dans un pays où ses droits et sa sécurité sont respectés, que celui qui met une croix sur un petit bout de papier tous les quatre ans et se faire crosser en permanence.

     

    La liberté n'est pas objective (C'est une partie plus philosophique... vous êtes pas obligés de la lire)

    La liberté n'est pas un état objectif observable de l'extérieur. C'est un sentiment. On est libre quand on se sent libre. La liberté c'est lorsqu'il n'y a pas d'obstacle entre nos désirs et leurs assouvissements.

    Imaginons deux moutons dans un immense enclos. Le premier commence à brouter l'herbe en allant en ligne droite, il finît par croiser la clôture et est contraint de changer de direction. Le deuxième fait un parcours sinueux et aléatoire qui ne lui fait jamais rencontrer la clôture, si bien qu'il ne se rend même pas compte qu'il est dans un enclos. Dans cette histoire, les deux moutons sont objectivement dans le même état, mais seul le deuxième était libre puisqu'il n'a pas rencontrer d'obstacle à ses désirs.

    Ce qui ressort de cela c'est qu'il y a deux façon d'être libre : On peut soit trouver le moyen de combler ses désirs, soit trouver le moyen de réduire ses désirs. Il y a bien sûr des désirs qui demeurent "irréductibles".

    Grève

    Les employés de la STM furent en grève pendant une semaine.

    Mon lieu de travail est dans le métro. Comme pour ceux qui travaillent dans les dépanneurs, les cafés et les restaurants du métro, mon salaire n'est pas beaucoup plus élevé que le salaire minimum. Et, à cause de la grève, on nous a évidemment coupés des heures. Mon employeur a eu la gentillesse de nous les payer quand même mais je ne pense pas que ce fut le cas pour la plupart de ceux qui travaillent dans le métro.

    Bref, pour que les employés de la STM, qui se pognent le beigne à deux mains pour le triple de notre salaire, puissent avoir d'encore meilleurs conditions, on nous enlève notre unique et faible source de revenus tandis qu'eux reçoivent quand même 75% de leur salaire à faire la grève.

    On devrait interdire les grèves… « Ah mais on n'est pas des osti de communistes! » Lequel d'entre vous allait dire ça? Bon. Imaginez ceci : Si, au lieu d'avoir recours à des moyens de pressions futiles, symboliques ou collatéralement dommageables, on avait recours à un arbitrage. Oui, une sorte de procès ou la partie patronale et la partie syndicale devraient toutes deux défendre leurs points respectifs. Le syndicat expliquerait pourquoi il juge que les employés méritent mieux, l'employeur expliquerait pourquoi il ne peut ou ne veut leur donner mieux. Le juge rendrait son verdict et tous devraient s'y soumettre sans chialer.

    Me semble que ça serait moins nuisible pour la société qu'une grève et que ça ferait pas mal plus mature…

    Relativisme

    Dans la vie, il faut parfois avoir l'esprit ouvert et garder un peu de relativisme. Toutefois, un relativisme absolu est stérile. Quoi de plus frustrant que de se faire dire « T'es qui toi pour juger? » vu que cet "argument" met automatiquement fin à la discussion (on devrait plutôt dire « Sur quoi tu te bases pour juger ainsi? » ça ouvre la discussion au lieu de la clore). Quel est le juste milieu entre intolérence et relativisme?

    Quand quelqu'un rient de l'Islam ou du mouvement raélien, je suis généralement d'accord avec ses affirmations… mais la personne devrait songer à la poutre qu'elle a dans l'œil avant de chercher la paille dans celui des autres. « Les Raéliens sont niaiseux, ils croient qu'on a été créés par des extraterrestres! » Pis toi, tu crois qu'on a été créé par un Dieu, c'est bien plus niaiseux! « Dans le Coran ça méprise les femmes! » C'est quand t'as ouvert ta Bible dernièrement? Scuze mais côté misogynie, le Coran n'a rien à envier à la Bible. Donc seuls les athées ont le droit de juger et mépriser les croyants. Mais si toi aussi t'as une croyance maléfique et irrationnelle, tu peux pas juger celle de l'autre juste parce qu'elle diffère de la tienne.

    Quand quelqu'un dit « Les Chinois sont monstrueux car ils mangent des chiens et des chats! » je ne puis qu'être d'accord… mais la personne qui dit ça devrait peut-être se regarder le nombril avant de pointer l'autre du doigt. Ici le monde mange des porcs – animal beaucoup plus intelligent et affectueux que les chats ou les chiens. Seuls les végétariens ont le droit de juger et mépriser les mangeurs de viande. Mais si toi aussi tu manges des animaux doués de conscience, de sensations et d'intelligence, tu ne peux pas juger un autre qui le fait juste parce qu'il s'attaque à des espèces différentes de toi.

    Quand quelqu'un dit que c'est con de fumer la cigarette, je suis complètement avec lui… mais si cette personne est alcoolique ou accro au pot, me semble qu''est mal placée pour parler. Seuls les gens qui ne consomment aucune de ces affaires-là peuvent vous juger. Mais si vous avez une dépendance pathologique envers une toxine, vous pouvez pas avoir une mauvaise opinion de quelqu'un d'autre dans la même situation mais avec une autre substance.

    Ne jugez pas les autres de peur d'être jugez vous-mêmes! Seuls les êtres doués de raison peuvent vous juger.

    Les attrapes-nigauds

    À ma job on vend un livre appelé Le Secret. C'est un best-seller. Tout le monde se l'arrache parce que, dedans le livre, ça dit que si tu demandes à l'univers de gagner à la loterie, tu vas automatiquement gagner! Si ça marche pas, ça veut juste dire que tu y crois pas assez. C'est merveilleux quand même, non? En fait ce livre est loin d'être le premier à dire ça. Et t'en as plein d'autres comme ça. Yen a qui te disent comme attirer « l'énergie de l'argent » ou comment demander des faveurs à l'univers (pas Dieu là! Non, c'est un mot péjoratif. On utilise le mot "Univers" et on personnifie ce concept pour en faire un être tout-puissant à qui l'on peut faire des prières... c'est quoi la différence d'avec "Dieu"?).

    Je pensais écrire un livre de ce genre. Je le titrais Comment devenir riche rapidement et sans effort. À l'intérieur j'écrirais simplement : « Pour devenir riche rapidement et sans effort, vous avez juste à publier un livre intituler Comment devenir riche rapidement et sans effort. »

    J'en reviens pas que, de nos jours, à une époque où tout le monde est instruits, yen a encore qui croient à ça. Regarde, pour Le Secret, yen a qui ont dit avoir gagner à la loterie grâce à ça, mais fais le calcul…

    Dans le livre, ils nous incitent à jouer à la loterie. Donc le monde qui croient au contenu de livre ont toutes les chances de jouer à la loterie. Statistiquement, ya peu de chances que je gagne à la loterie juste parce que j'y crois… mais ya énormément de chance que la personne qui ait gagné à la loterie soit quelqu'un qui y croit. Pour une personne pour qui ça marche, combien de milliers de personnes avec qui ça a échoué? Mais c'est pas d'eux qu'on entend parler, bien sûr. On entend seulement parler de ceux avec qui ça marche c'est pour ça qu'on a l'illusion que ça marche toujours. « Ceux avec qui ça marche pas, ils y croient pas assez… » Comme c'est pratique! Parce que le taux de croyance d'une personne ne se mesure pas et ne se compare pas vraiment d'une personne à l'autre. On peut donc pas savoir si celui qui gagne est vraiment celui qui y croit le plus.

    Ce livre, en fait, fait l'éloge de la pensée positive. Plus t'as une bonne attitude, plus du bien va t'arriver. Dans la vraie vie, ça marche pour certaines choses mais pas pour d'autres. Par exemple, pour réussir une entrevue ou un examen, l'attitude positive aide, mais celle-ci n'a - contrairement à ce qu'ils disent dans Le Secret - pas d'impact sur la météo ou les résultats du 6/49. Donc Monsieur-Madame Toulemonde va constater que les recommandations du secret marchent dans certains cas, et il va par la suite adhérer à cette foi.

    Mais, comme je vous l'ai déjà dit, ça me dérange pas que vous croyez à tous ce que vous voulez. C'est sûr que ça m'achale quand je pense que vous avez quand même le droit de vote...

    Qui est un "vrai"?

    Si je me fis aux stéréotypes, je ne suis pas « un vrai gars ».
     
      • Je ne parle pas de sport professionnel (je ne regarde pas ça, je ne connais rien là-dedans et ça ne m'intéresse pas).
      • Je ne parle pas de char et ça ne m'intéresse pas.
      • Je ne parle pas de mes expériences sexuelles et ce n'est pas de vos affaires.
      • Je considère les femmes comme des personnes et non comme des réceptacles à d***.
      • Je ne bois pas de bière devant la télé.
      • Je ne trouve pas drôles les jokes misogynes.
      • J'ai une blonde stable et je ne la trompe pas.
      • Le plus souvent je pense à autre chose qu'au sexe.
      • Mon rêve dans la vie n'est pas de faire un trip à trois.
      • Je ne suis pas un gros colon.

    Ah mais pourtant je suis anatomiquement équipé de tous les organes requis pour entrer dans la catégorie « mâle ». Hum… dans ce cas je dois être aux hommes. Mais oui, comme c'est pratique. Car de nos jours, un gays n'est pas considéré comme « un vrai homme » et si on fait le sophisme d'inversion de causalité, on peut en déduire que si les gays ne sont pas des vrais hommes alors tous ceux qui ne sont pas des vrais hommes sont systématiquement gays.

    Ah mais ça marche pas parce que les hommes m'attirent pas. C'est sûr que je peux trouver un gars beau des fois mais pas sexy. C'est comme un coucher de soleil, c'est bien beau un coucher de soleil mais j'ai jamais eu envie de lui faire l'amour au coucher de soleil! Bon donc je suis attirés par les femmes ça marche pas. Sauf que… mais oui, je ne suis sûrement pas attiré par les "vraies femmes". Voyons voir…

      • Les femmes qui se maquillent ne m'attire pas (sauf si ça paraît pas trop, mais tsé, des paupières bleues moi je trouve ça pas très sexy…).
      • Je ne pourrai supporter d'être avec une femme qui met des heures à se préparer tous les matins.
      • Les boucles d'oreilles ou autre perçage je trouve ça disgracieux. Faut dire que je me suis habitué d'en voir mais j'oserais pas y toucher.
      • Je ne pourrais jamais sortir avec une femme qui possède dix paires de souliers presque identiques.
      • Je ne pourrais supporter de sortir avec une femme qui traîne toute sa garde-robe quand elle va en voyage.
      • Je ne pourrais pas sortir avec une femme qui se teint les ongles et se les laissent pousser.
      • Je ne vivrai jamais avec une femme qui trippe sur la magasinage ou les potins de stars.
      • Une femme qui ne désire qu'être éternellement jeune moi je trouve ça pathétique.
      • Les filles qui se promène à moitié tout-nue m'attirent… mais certainement pas pour bâtir une relation avec.

    Ouais… c'est mal parti mon affaire. Je suis un faux gars attiré par les fausses filles. En plus je suis un méchant traite à la patrie. Je suis pas un vrai Québécois! Parce que…

      • Je n'aime pas le hockey et je me fou de qui gagne la game.
      • Je n'aime pas la bière Bleue ni aucun autre d'ailleurs.
      • J'ai toujours haïs le jambon.
      • Je ne vote pas pour le PQ, je préfère l'Extrême-Gauche.
      • Je suis séparatiste mais sûrement pas pour des raisons nationalistes. J'emmerde le nationalisme qu'il soit envers le Québec, le Canada ou l'Occident. Le nationalisme c'est juste une excuse pour qu'on ait un sentiment d'appartenance envers un groupe principalement composé de parfaits inconnus. Ridicule…
      • Je ne suis pas un chrétien catholique romain non-pratiquant. Je suis un athée pratiquant!
      • Je n'aime pas les Têtes à claques ni les Trois accords.
      • Quand je dis mon nom de famille, on me demande tout le temps « D'où ça viens? ». Même si ça vient effectivement du Québec…
      • Je ne suis pas raciste contrairement à 60% des Québécois selon un sondage récent. J'entends d'ailleurs une madame qui disait à la radio ou la télé : « Ah moi j'étais pas raciste avant. Mais là, à cause des accommodements raisonnables, malheureusement, je le suis devenue. » Quelle connasse…
      • Je ne m'identifie pas plus au Québec qu'au Canada ou à la République tchèque! Mon "groupe d'appartenance" c'est moi et tous les gens que je connais. Point.
      • C'est à la St-Jean que je feel le moins Québécois. Surtout quand je vois tous ces drapeaux du Québec dont la fleur de lys a été substitué par une feuille de pot. Là je me dis que pour être Québécois faut automatiquement être un poteux, un "trippeux".

    Voilà. Ouf! Mais, en passant, j'emmerde toutes vos catégories et je me fous de comment vous me classer. Je ne suis pas un vrai gars? Hon!!! Comme c'est triste, dis-je sarcastiquement. Être disqualifié comme gars ou comme Québécois ne m'enlève rien donc j'en ai rien à foutre.

    La seule affaire qui me fait un peu plus de peine c'est quand on me dit que je ne suis pas un vrai humain simplement parce que je suis "trop rationnel". On me reproche ma capacité de parler de quelque chose sans laisser mes émotions prendre le dessus comme étant une "froideur inhumaine". Moi ça me blesse doublement, quand on me dit que pour être un humain faut nécessairement croire des choses complètement débiles et incohérentes. Ce qui me peine là-dedans n'est pas tant le fait de perdre mon statut d'humain, mais plutôt le constat que les êtres vraiment rationnels sont minoritaires dans cette humanité.

    Accommodements raisonnables

    Ah chu tanné d'entendre parler de tsa pis c'est une expression que je déteste. Alors ça serait intelligent de ma part de ne pas en parler, mais il le faut. Tsé d'habitude quand t'entends quelqu'un prononcer cette expression-là, tu le sais qu'il va dire quelque chose de raciste ou de haineux. Mais moi, vous le savez, j'haïs la haine et je ne tolère pas l'intolérence. Ici je vais juste dire honnêtement ce que je pense de tout ça.

    Bon d'abord j'aimerais juste profiter de l'occasion pour vous faire réaliser que tout ça n'est qu'une grosse joke dans le but de donner le pouvoir à la droite. Le Québec a quitté le Moyen Âge dans les années soixante et maintenant se retrouve à la veille de sa seconde guerre mondiale. Même pattern, on démonise les minorités et on leur fait porter le chapeau de nos problèmes comme ça la majorité est d'accord et vote pour nous. Bravo Dumont! Hitler serait fier de toi, tu as bien appris sa leçon.

    Trois problème. Numéro un, nos lois sont trop contraignantes. Si je veux me marier à plusieurs personnes et/ou partager mon/ma époux(se) avec d'autres, c'est mon droit. Je ne comprends pas l'illégalité de la polygamie. C'est sans doute à cause de tous les préjugés qu'on a là-dessus.

    Deuxièmement, certains individus en demande trop. Notez toutefois que ce sont quelques individus isolés qui font ces demandes. La majorité de leur "communauté culturelle" (quelle expression hideuse…) ne sont pas comme eux. Mais, en bon connard de racistes, on se doit de faire des généralités stupides. Si une personne fait une action, tout ceux qui partagent ses différences d'avec moi sont comme elle. Et, d'autres qui veulent trop pas avoir l'air raciste vont tout donner à quelqu'un juste parce que cette personne est physiquement ou culturellement différente d'eux. Si je suis adepte de l'ancienne religion aztèque, j'ai le droit de faire des sacrifices humains sans aller en prison. Sinon, bin, c'est du racisme!

    Troisièmement, certains exagèrent l'ampleur des demandes. À Hérouxville on peut même pas se mettre un foulard dans la face, j'te dis qu'à –40 l'hiver ça doit pas être drôle. L'affaire de l'école juive qui a fait givré les vitres… Si ç'eut été une école chrétienne j'te jure que les médias en aurait même pas parlé. Là c'est rendu que le monde chiale parce que leur nourriture est cascher... Qu'est-ce que ça t'enlève à toi que ta nourriture soit cascher si tu crois même pas en ste religion-là? Il y a des gens qui n'ont jamais accepté le progrès social qu'on a fait depuis la révolution tranquille et qui voudrait revenir à ce monde hyper-religieux ou les femmes sont des esclaves, les gays des criminels et les prêtres nos maîtres. Comme ces extrémistes de droite ont du "se sacrifier" lors de la modernisation de notre société, ils sont frus quand quelqu'un d'autres a le droit de rester obscurantiste. C'est pourquoi les gens se déclarent de plus en plus chrétiens alors que vla 10 ans ils se seraient dits athées.

    D'où vient toute cette marde? Bon évidemment de votre infériorité intellectuelle. La solution? Abandonnons tous nos cultures pour vivre dans une société exclusivement rationnelle. Ne conservons nos coutumes et nos traditions que lorsque cela n'interfère pas avec la voix de la raison. C'est con de dire « Ici on est au Québec et nos valeurs ici c'est ça! » Discours totalement raciste et antimoderniste. Ça équivaut à dire « Ma culture dit ceci, la tienne dit cela, mais… j'étais là avant donc j'ai plus raison! » On doit dire « Il est plus logique de donner les mêmes droits à tous. »

     La culture est contingente, dogmatique et variable. La raison est logique, légitime et unique. C'est la seule chose pouvant amener l'humanité à une certaine unité.